Grace aux fonds russes, les fonds permanents ont été considérablement enrichis au tout début des années 2000 avec le retour des archives maçonniques saisies par l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale.

Dès le 14 juin 1940, l’armée allemande investit les locaux parisiens de la Grande Loge de France et du Grand Orient de France. Et, à partir du 26 juin 1940, la Feldpolizei saisit un matériel considérable appartenant aux obédiences maçonniques françaises : une partie des archives de la Grande Loge est conservée sur place aux bons soins du service des sociétés secrètes du gouvernement de Vichy et les fonds historiques anciens sont envoyés à Berlin. Ce dernier ensemble d’archives, après avoir transité par la capitale allemande, a été transféré dans un château isolé en Silésie, à Wölfelsdorf (de nos jours Wilkanov, en Pologne). En mai 1945, l’Armée Rouge progresse sur le front oriental et découvre ces singulières archives qui sont saisies et rapatriées en Russie. Les services soviétiques les catalogueront telles qu’ils les trouveront et l’on voit bien, à l’inventaire, que les nazis les avaient emmenées en vrac en mélangeant des liasses de dossiers d’intérêts différents et en bousculant parfois la chronologie et la continuité de certains fonds que les Soviétiques ont ensuite conservés plus ou moins dans ce désordre.

C’est en 1992 que des négociations s’engagent avec le gouvernement russe pour la restitution des archives des obédiences maçonniques et la Grande Loge reçoit les 224 cartons qui lui reviennent en mai 2001 : l’ensemble est aujourd’hui réparti entre la Grande Loge de France et le Suprême Conseil de France avec pour les archives de la Grande Loge de France un classement soviétique conservé en l’état afin de respecter le parcours historique du fonds et un inventaire détaillé effectué par récolement (et non par la traduction du catalogue russe) avec l’aide de la commission d’histoire de la Grande Loge Féminine de France à la recherche des loges d’adoption d’avant-guerre considérées comme ses ancêtres.

Outre le fait qu’elles permettent de compléter, dans les détails, la vie administrative des obédiences, ces archives offrent de véritables trésors : des rituels manuscrits parfois accompagnés de dessins ou d’aquarelles, des livres de procès-verbaux anciens remontant à la création des loges.

Complément vidéo : documentaire La mémoire volée des Francs-maçons

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