Tous les Maçons devraient avoir lu l’« Histoire de la Reine du matin et de Soliman prince des génies », une étonnante version littéraire et romantique de la légende d’Hiram insérée dans le Voyage en Orient  de Gérard de Nerval. Celui-ci a affirmé à plusieurs reprises être Maçon. L’historien n’en trouve pas trace dans les archives. En revanche, Nerval a souvent croisé la franc-maçonnerie dans sa vie et celle-ci a joué un rôle important dans son imaginaire et dans son œuvre. Retour sur une rencontre rêvée mais bien réelle.

La mort tragique de « Gérard » – c’est ainsi que tous l’appellent et lui-même signe de nombreux textes de son seul prénom – en a fait une figure romantique du poète maudit. Mais pendant de longues années, loin d’être un artiste ignoré, son talent est reconnu par ses pairs – de Victor Hugo à Alexandre Dumas, en passant par son ami intime Théophile Gautier – et il apparaît comme une personnalité du Paris littéraire. Dans des fragments de correspondances publiés en annexe de l’édition de 1851 du Voyage en Orient Nerval affirme : « tu sais que je suis moi-même un des enfants de la Veuve […] j’ai produit mes titres, ayant heureusement dans mes papiers de ces beaux diplômes pleins de signes cabalistiques ». Parfois il nie l’être, à d’autres occasions il se dit simplement « louveteau », c’est-à-dire fils de Maçon. Il est vrai qu’au XIXe siècle les cérémonies d’« adoption maçonnique » organisées par les Loges pour les enfants des Frères sont ritualisées et ressemblent beaucoup aux initiations.

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