1913, Vienne. Ulrich, le héros du roman éponyme devient Homme Sans Qualités : dans une sorte d’expérience qu’il mène sur lui-même, il décide de travailler à devenir un Homme Universel. Ulrich – issu de la grande bourgeoisie, et lié de par sa fonction à la cour et à la noblesse, vétéran militaire, ingénieur – décide de se détacher de toute catégorie sociale, de toute attache fixe, et commence à fréquenter tous les cercles et tous les milieux possibles, se confrontant à l’esprit de son époque et expérimentant toute une série de manières de vivre dans la société. Pendant ce temps, à Vienne, un groupe hétéroclite de nobles et de bourgeois forme “l’action parallèle”, un cercle de pensée destiné à élaborer un projet qui puisse faire rayonner l’empire austro-hongrois au-delà des frontières. Quel projet? Quelle action? C’est là la question à laquelle tous essaient de répondre. Cette action collective de nature indéterminée est bientôt investie par l’Homme Sans Qualités. Ulrich est semblable à une pierre miraculeuse, capable de se déformer, pour redevenir pierre brute. Pierre brute comme perfectionnement de soi, manière d’être qui permet tous les possibles. Pierre brute comme pierre universelle, capable de prendre part à tout édifice que puisse construire un collectif. Pierre brute comme pure liberté. Dans cette grande oeuvre – l’un des plus grands romans européens du 20 ème siècle, à l’instar des oeuvres de Proust, Céline ou Woolf – Musil nous offre une formidable méditation sur l’action individuelle, l’action collective et le sens de l’existence dans un espace européen de plus en plus illisible et imprévisible..

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