HAYDN Franc-maçon initié à la loge “La Vraie Concorde”, Haydn est au cours de son parcours artistique obsédé par un thème: le temps. À 29 ans, trois de ses premières symphonies sont “Le Matin”, “Le Midi” et “Le Soir”. À 69 ans son dernier oratorio se nomme “Les Saisons”. Haydn est fasciné par les pendules musicales, les montres à carillons. Il élabore ainsi différents instruments automatisés, capables de jouer aux différentes heures. Pour Haydn le temps est le symbole du travail et de la Création. Ainsi l’oratorio “Les Saisons” fait l’éloge du travail, origine du salut et évoque comment, au crépuscule de la vie, les illusions tombent et seule demeure la vertu. C’est avec le texte d’un autre frère, James Thomas, que Haydn crée “Les Saisons”. L’oeuvre est bien moins connue que les “Quatre Saisons” de Vivaldi, mais c’est néanmoins une une oeuvre puissante et subtile, mêlant musique populaire, prières, hymnes à la nature et de nombreuses innovations musicales. Dans son oratorio “La Création”, Haydn conçoit le monde comme une horloge, et Dieu comme son artisan. Du chaos, nous arrivons à la création de la lumière, au “Fiat Lux” annoncé par Raphaël. Uriel; lumière de Dieu sert de conseiller à Adam et à Ève. Certaines formules portent une forte résonnance maçonnique, telle: “Le grand oeuvre est fini.” Haydn est souvent considéré comme “Le musicien des Lumières”. Sur sa tombe fut gravée l’épitaphe latine “Non omnis moriar”: “Je ne mourrai pas entier”. Voici en conclusion un extrait du texte d’origine, (Horace, Odes, Livre III, Ode 30 “Sur mon oeuvre”.): “J’ai achevé un monument plus durable que l’airain, plus haut que les royales pyramides, et que ni la pluie qui ronge, ni la force des vents ne pourront détruire. Ni le défilé des années sans nombre, ni la fuite du temps. Je ne mourrai pas tout entier, et une grande part de moi-même évitera l’emprise de la Mort.” (Source: Jean Kriff, Joseph Haydn et le temps).

Texte issu du Bulletin Juillet – Août 6021 de la R.L. Jean-Baptiste KLÉBER

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