Avec les deux décennies qui précèdent la Révolution et la IIIe République, l’Empire a incontestablement été un âge d’or pour la franc-maçonnerie. Le Grand Orient réunit 300 Loges en 1804, plus de 600 en 1808 et… 1200 dans les 130 départements français du Grand Empire au début 1812 ! De surcroît, avec Cambacérès, Murat, Masséna, Lacépède, Kellerman, Lannes, Regnaud de Saint-Jean d’Angely, etc. la direction de l’obédience se confond presque avec le gouvernement de Napoléon.

Pourtant cette présence maçonnique massive au sein du Premier Empire a souvent été minorée. Longtemps, les historiens maçonniques ou ceux du Premier Empire n’ont voulu y voir qu’un phénomène superficiel sans vraie portée. Soit ils présentaient la Maçonnerie impériale comme la fantaisie d’une bourgeoisie enfin parvenue sans grande conséquence politique et citaient cette phrase de Napoléon, probablement apocryphe, ironisant sur l’archichancelier présidant les banquets maçonniques avec le même sérieux que les séances du Conseil d’État. Soit ils faisaient le portrait d’une Maçonnerie étroitement contrôlée par la redoutable police de Fouché et la période napoléonienne ne représentait alors, dans l’histoire sainte de la République, que les années où le ressort se comprimait à l’aube du siècle des Révolutions.
En fait, les historiens sont aussi des citoyens avec leur sensibilité politique et l’insolente prospérité de la Maçonnerie impériale gênait tout le monde : les Maçons d’une IIIe République qui s’était construite contre Napoléon III, mais aussi les thuriféraires de l’Empire qui s’étaient finalement ralliés à un camp conservateur marqué par l’antimaçonnisme. Si les Loges se sont livrées avec délice aux fastes de l’apparat « Empire » et si, bien sûr, la police les gardait à l’œil – comme l’ensemble du corps social ! – ces grilles d’interprétation paraissent cependant réductrices et simplistes. Lorsque l’on essaye d’étudier objectivement la place de la franc-maçonnerie sous l’Empire, on constate que les Loges sont au cœur même du régime napoléonien.

Père gardez-vous à droite ; Père gardez-vous à gauche
En 1799, la bourgeoise des Lumières qui a fait la Révolution se rallie sans état d’âme au général Bonaparte. Le Premier Consul puis l’Empereur lui apparaissent comme le garant des acquis de 1789 sur le plan juridique et économique. Napoléon est un rempart, à la fois contre le retour des Bourbons, du « parti prêtre » et des Émigrés – qui menacent l’enrichissement dû à la vente des « biens nationaux » – mais aussi contre les excès de 1793 et la pression des classes populaires. Comme le fils de Jean le Bon, la bourgeoisie implore l’Empereur : « Père gardez-vous à droite ; Père gardez-vous à gauche ». Les classes moyennes qui peuplaient les Loges dans les années 1780 recommencent à maçonner dès 1800-1802. À partir de 1805, le Grand Orient connaît un vif essor. Dans les départements, la franc-maçonnerie rassemble l’élite administrative et la bourgeoisie locale. Il n’est pas rare de les voir présider par le préfet du département assisté du receveur général des finances et du président du tribunal ! Souvent ceux-ci sont, en effet, les Vénérables, Premier et Second Surveillants de la Loge du chef-lieu, l’essentiel de l’effectif étant constitué de fonctionnaires et de commerçants, négociants, juristes… Le ministre des Cultes, le Frère Portalis, présente clairement la situation : « Il a été infiniment sage de diriger les sociétés maçonniques, puisqu’on ne pouvait les proscrire. Le vrai moyen de les empêcher de dégénérer en assemblées illicites et funestes a été de leur accorder une protection tacite, en les laissant présider par les premiers dignitaires de l’État… » Ainsi Joseph Bonaparte, le frère de l’Empereur initié en 1793, devient Grand Maître du Grand Orient. Mais il quitte très vite la France pour monter sur les trônes des Deux-Siciles puis d’Espagne. La direction de l’obédience est donc assurée par Cambacérès, élu puis installé comme Premier Grand Maître Adjoint en 1805. Vieux Maçon d’expérience – il a été initié en 1773 quand il avait 20 ans – le Premier ministre de Napoléon assume sa tâche avec conviction et bienveillance. Entre 1805 et 1813, il participe en personne aux Saint-Jean d’hiver et Saint-Jean d’été qui sont alors les assemblées générales de l’obédience. Il suit attentivement les affaires maçonniques et c’est notamment lui qui, à la demande de Napoléon, organise l’intégration de la toute nouvelle et éphémère Grande Loge Générale Écossaise et de son Suprême Conseil au Grand Orient.

Des grands de l’Empire jusqu’aux commis de Bureau
Cette place importante des Loges au cœur du Premier Empire n’est pas une découverte des historiens. Les contemporains l’avaient bien saisie comme l’illustrent, entre autres, deux témoignages. Témoignages d’autant plus intéressants qu’ils portent un regard critique bien qu’émanant de Maçons convaincus. Jeune suédois installé à Paris, le chevalier d’Harmensen écrit avec humour en 1806 : « Tout est mode à Paris, depuis les pompons jusqu’à la maç […]. Les loges se sont donc ouvertes ; les grands personnages y ont apporté les plaques et les cordons qu’ils ont reçus de tous les pays, et dans cette confusion de décorations (car les maçons de Paris n’en manquent pas) on a peine à distinguer ce qui est civil de ces brimborions auxquels Messieurs les serviteurs du Grand Orient attachent un si grand prix. Bientôt on n’a plus entendu parler que de Maç et depuis les grands de l’Empire jusqu’aux commis de Bureau, tout s’est précipité en masse dans les Loges ». Quant au Frère Massé de Cormeilles, il a appartenu à l’une des Loges les plus proches de Cambacérès et du pouvoir – Saint-Alexandre d’Écosse –, une fois éteints les feux de la fête impériale, il rapportait : « Souvent les Loges ont reçu ceux qui ne devaient pas y être admis, souvent on y a entendu ce qui ne devait pas y être dit : la grandeur y recevait l’encens de l’adulation ; la politesse avait pris la place de la franchise, beaucoup venaient pour voir et être vus, les temples étaient un rendez-vous et la Maçonnerie un moyen de parvenir, il y avait foule, mais les maçons étaient rares ». Entre 1804 et 1814, la franc-maçonnerie constitue un réseau qui maille tout le territoire. Dans les grandes, moyennes ou petites villes, les Loges rassemblent l’élite des classes moyennes autour des cadres du régime. Le Grand Orient organise un circuit d’informations et de contacts continu entre Paris et la province. Du centre vers la périphérie, il envoie tous les mois des circulaires aux ateliers. Au-delà des questions d’administration maçonniques, ceux-ci peuvent y découvrir combien les grands noms du régime sont présents dans l’obédience. De la périphérie vers le centre, les assemblées du Grand Orient permettent aux délégués des Loges – souvent un Frère de l’Orient installé à Paris – de faire remonter à Paris, les sentiments de ces « masses de granit » – comme Napoléon les avait désignées – qui sont les plus sûrs soutiens de l’Empire.
Sous le Premier Empire, la franc-maçonnerie « tient lieu de parti bonapartiste » analyse Jacques-Olivier Boudon. Dans l’ambiance délétère qui suit le complot de Malet et au moment où la Grande Armée connaît ses premières défaites, Cambacérès n’hésitera pas – pour une fois ! – à passer de l’implicite à l’explicite et à déclarer en pleine assemblée du Grand Orient : « Si l’État était en danger, j’appellerais autour de ma personne tous les enfants de la veuve ; et, avec ce bataillon sacré, en marchant aux factieux, je prouverais au monde entier que l’Empereur n’a pas de plus fidèles sujets que les maçons français ». Après la Révolution, toute une partie de la bourgeoisie, gagnée aux Lumières et aux principes du libéralisme philosophique, ne pouvait plus être intégrée au système politique via le catholicisme rétabli par le Concordat. Les Loges se substituent alors aux paroisses pour insérer la bourgeoisie voltairienne dans l’État napoléonien.

Maçons et membres du gouvernement impérial
Presque tous les dignitaires de l’Empire ont été Maçons. Pour certains comme Cambacérès, Junot, Lacepède, Mac Donald, Masséna, Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, Ségur… cet engagement a même été un élément de formation dans leur jeunesse. Des amitiés, des sensibilités informelles au sein du pouvoir, s’expliquent en partie par une commune fréquentation des Loges avant la Révolution, lorsque ces futurs cadres de l’Empire n’étaient encore que des jeunes gens qui cherchaient leur chemin dans la société d’Ancien Régime. Un rapide regard sur l’annuaire du Grand Orient de France entre 1804 et 1815 suffit à illustrer ces liens étroits entre le régime napoléonien et la franc-maçonnerie. On peine à découvrir quelques membres du gouvernement impérial qui n’appartiennent pas parallèlement à l’état-major maçonnique.

Tableau général des Officiers du Grand Orient de France
GG P.ers Dignitaires (extraits)

Grand Maître
S.M. Joseph Napoléon, Roi de Naples et de Sicile, Grand Électeur de l’Empire.

Grands Maîtres Adjoints
Son A.S. le Prince Cambacérès, Archichancelier de l’Empire, Grand Cordon de la Légion d’honneur, Grand-Croix des Ordres de l’Aigle noir et de l’Aigle rouge de Prusse.
Son A.S. le Prince Murat, Grand-Duc de Berg, Grand Amiral de France.

Grand Administrateur Général
Le T R F Kellermann, Sénateur, Maréchal de l’Empire, Membre du Grand Conseil de la Légion d’honneur et chevalier des Ordres du Roi de Wurtemberg.

Grands Conservateurs Généraux
Les TT RR FF
Masséna, Maréchal de l’Empire, G Cordon et Grand Officier de la Légion d’honneur.
N…

        Grand Représentant du G Maître
Le T R F Valence, Sénateur, Général de division, l’un des Commandants de la Légion d’honneur, Président du Collège électoral du département de la Marne et du canton de Vesy.

Grande Loge d’Administration

Grands Administrateurs
Les R F

De Lacépède, Sénateur, Grand Chancelier et Grand-Cordon de la Légion d’honneur.
Gantheaume, Conseiller d’État, Vice Amiral de France, Grand-Cordon de la Légion d’honneur.
Lannes, Maréchal de l’Empire, G Off. de la Légion d’honneur.

Grands Conservateurs
Muraire Conseiller d’État, Premier Président de la Cour de Cassation, G Off. de la Légion d’honneur.
Maret, ministre et Secrétaire d’État.
Siméon, Conseiller d’Etat, l’un des Commandants de la Légion d’honneur
(…)
Mais l’on trouve aussi Miot et Clément de Ris

Dans la Grande Loge Symbolique :
Choiseul-Praslin, Beurnonville, Mac Donald, Fouché, Mareschalchi, Beauharnais, Augereau, Jaucourt, Lefevre, Luynes…

Dans le Grand Chapitre :
Serrurier, Brune, Régnier, Perignon, Soult, Chaptal, La Tour d’Auvergne, Laplace, Regnaud de Saint-Jean d’Angely, Ysembourg, Chasset, Fabre de l’Aude…

Idées et culture dans la Maçonnerie impériale 
Contrairement à ce qui est souvent affirmé, la Maçonnerie napoléonienne ne s’est pas cantonnée aux fastes des rites et de l’apparat de l’Empire. Certains milieux maçonniques ont eu une véritable activité intellectuelle et de recherche. Ainsi, dans le prolongement de la Révolution, les Maçons ont joué un grand rôle dans les débuts de la protection du patrimoine culturel. C’est d’ailleurs le Frère Aubin Millin qui crée l’idée de « monuments historiques ». À Paris, Alexandre Lenoir développe son Musée des Monuments Français, Denon et Lavallée mettent en place le Musée du Louvre. À Toulouse, Alexandre Dumège préserve de l’appétit des marchands de matériaux les « monuments gothiques » de la région et rassemble les premières collections archéologiques. Le grand lieu de la réflexion maçonnique est l’Académie Celtique qui – à côté des conceptions celtomaniaques pittoresques mais marginales de quelques-uns de ses membres – va mettre en place tous les fondements de l’ethnologie française avec la grande enquête de 1806 sur la vie dans les campagnes. Par ailleurs, dès que l’on cherche un peu on trouve des travaux forts intéressants dans certains ateliers comme les recueils théosophiques conçus par François-Nicolas Noël dans la Loge Le Creuset moral d’Orléans ou les séances d’instructions maçonniques organisées par le grand philosophe Maine de Biran dans la Loge de Bergerac. 

Joseph Fouché, « l’œil qui voit tout » + PORTRAIT FOUCHE
Ce n’est peut-être pas pour des raisons exclusivement maçonniques que Joseph Fouché est nommé Officier du Grand Orient de France le 5 décembre 1804… et le demeure jusqu’en 1814. Ministre de la Police depuis 6 mois, il a ainsi un œil sur un milieu où les cadres du nouveau régime sont nombreux mais où on tolère encore, à couvert, des opinions plus réticentes. Il reste dans les loges des républicains pas vraiment convaincus par l’empereur et quelques royalistes, autant de raisons d’être attentif à une Maçonnerie qui assume une place importante dans le fonctionnement de l’Empire, notamment en province. Coup de chance, l’ancien séminariste est aussi un vieux Maçon. Il a été initié quelques mois avant la Révolution, en 1788, au sein de la loge Sophie Madeleine Reine de Suède, à Arras alors qu’il y était professeur au collège des Oratoriens. Au réveil de la Maçonnerie après la Terreur, il s’affilie à la Loge de Melun Les Citoyens Unis… qui devient sous l’Empire Les Cœurs Unis et en reste membre jusqu’à la chute de Napoléon.

La franc-maçonnerie auxiliaire de l’Europe impériale
Que ce soit en Italie, en Hollande, en Westphalie ou en Espagne, la franc-maçonnerie joue un grand rôle dans les différents « régimes français ». Elle fédère les élites de la bourgeoisie nationale et libérale sur laquelle voulaient s’appuyer les nouveaux royaumes et les associe aux cadres français venus de Paris. Sur le plan politique, les loges manifestèrent, un soutien sans faille à Joseph-Napoléon, Louis-Napoleon, Joachim-Napoléon et Jérôme-Napoléon. Mais, parallèlement, sur le plan philosophique, elles contribuèrent à diffuser les idées des Lumières dans ces régions. Ainsi, par exemple, pour la première fois en Allemagne, elles firent bon accueil aux juifs dans leurs rangs. Après la chute de Napoléon et de ses frères, la franc-maçonnerie fut interdite un peu partout en Europe comme foyer d’activisme libéral.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté en majesté 
Âge d’or de la franc-maçonnerie, l’Empire est aussi une période faste pour les hauts grades. Depuis 1800, les Chapitre Rose-Croix se sont multipliés. Le système en « quatre Ordres » fixé par le Grand Orient juste avant la Révolution est globalement bien accepté. Néanmoins certains Frères regrettent les grades qui n’ont pas été retenus par la réforme du Grand Chapitre et, notamment, ceux « au-delà du Rose-Croix ». C’est sans doute ce qui explique le succès du Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté. Celui-ci reprend une ancienne échelle de hauts grades classiques fixée en France dans les années 1760. Après un détour par les États-Unis où ce « Rite de Perfection » en 25 degrés a été augmenté de quelques grades – pour arriver à 33 – et doté d’une structure pyramidale, il s’implante à Paris en 1804. Les Frères pouvaient donc à nouveau pratiquer les grades de Grand Écossais de Saint-André d’Écosse, Chevalier du Soleil ou Chevalier Kadosh. Le Rite Écossais Ancien et Accepté est probablement le rite maçonnique qui a été le plus marqué par l’esprit de l’Empire et qui s’est le mieux épanoui dans ses fastes. Héritier de cette Maçonnerie écossaise du Midi dans laquelle avait baigné Cambacérès dans sa jeunesse, il bénéficiera des faveurs de l’archichancelier. Un document rare et précieux retrouvé récemment, nous permet de lever le voile et d’être presque les témoins directs d’un des grands événements maçonniques de l’Empire : l’installation de Cambacérès comme Grand Commandeur du « Suprême Conseil du 33e degré en France ». Nous voilà au cœur de la franc-maçonnerie de l’Empire !

Dans sa séance du 8e jour du 5e mois 5806 (8 juillet 1806) :
Le Suprême Conseil a été ouvert sous la présidence pro-tempore de l’Ill Souv Inspecteur Général, le Maréchal de l’Empire Kellermann.
La séance extraordinaire de ce jour a pour objet d’aller présenter à Son Altesse Sérénissime le Prince Cambacérès la délibération qui l’élève au degré de SouvGrand Commandeur, de recevoir son acceptation et son obligation.
Les trav. ont été suspendus et transportés dans le Palais de S.A.S.
La députation a été présentée à Son Altesse Sérénissime par le T Ill Inspecteur Général Lieutenant Grand Commandeur, le Général Valence.
Les membres de la députation sont les Ill Souv Grands Inspecteurs Gén
Le Maréchal d’Empire Kellermann
Président de Lacépède
D’Alès d’Anduze
Renier de l’ancien collège du Doge de Venise
Pyron, secrétaire du Saint-Empire
Le président de la députation a rendu aux travaux toute leur activité et a présenté à Son Altesse Sérénissime l’acte de son élévation à la suprême dignité de T Puissant Souverain Grand Commandeur.
Le secrétaire du St-Empire a fait à Son Altesse Sérénissime l’exposé du degré et des suprêmes fonctions auxquelles elle était appelée afin qu’elle connaisse l’étendue des engagements qu’elle allait contracter.
Son Altesse Sérénissime ayant accepté, le président de la députation lui a conféré le grade, les mots, signes et attouchements, l’a proclamé T Puissant SouvGrand Commandeur.
S. Altesse Sérénissime a fixé le jour de son installation au 13e jour du 6e mois 5806.
Le T Ill Inspecteur Lieutenant Grand Command. Et les membres de la députation ont renouvelé entre les mains du T Puissant SouvGrand Commandeur leur serment de fidélité à Sa Majesté l’Empereur et Roi.
Le T Puissant Souv Grand Commandeur a fermé le Conseil en la manière accoutumée.
[signé :] Cambacérès, Lacépède, Valence, Kellermann, Renier, D’Alès d’A., Pyron ».

Ainsi le 13 août 1806 :
Le Suprême Conseil a été ouvert par le T Ill F Thory, trésorier général du Saint-Empire.
Le T Ill F Pyron remplissant les fonctions de secrétaire général du Saint-Empire.
Le T Ill F Hacquet remplissant celles de Grand Maître des Cérémonies.
Et le Souverain Grand Inspecteur Général Lecourt-Villière.
Le Capitaine des Gardes a annoncé l’arrivée du Très Illustre Inspecteur Lieutenant Grand Commandeur
Et celle de S.A.S. le Très Puissant Souverain Grand Commandeur
Le T Ill Inspecteur Lieutenant Grand Commandeur le général Valence a été conduit au trône avec tous les honneurs dus à sa haute dignité, l’Ill Président pro-tempore lui a remis l’épée dont il était armé.
S.A.S. le Prince Cambacérès Très Puissant Souverain Grand Commandeur a été ensuite conduit au trône et fait placé sous le dais destiné à sa suprême puissance. Le T Ill Inspecteur Lieutenant Grand Commandeur lui a présenté l’épée dont il était armé. Le T Puissant Souverain Commandeur s’étant assis sur son trône souverain, a fait asseoir à sa droite le T Ill Inspecteur Lieutenant Grand Commandeur, et à sa gauche l’Ill Souverain Grand Inspecteur Général le Maréchal Kellermann Souverain des souverains du souverain Grand Consistoire de France des Subl Princes du Royal Secret… »

Cinquante-six frères assistaient à cet important événement maçonnique, dont bien sûr d’Aigrefeuille, Bacon de la Chevalerie, Lacépède, Pérignon, Mareschalchi, Roettiers de Montaleau et Muraire.

Pour aller plus loin :
Collaveri (François), La Franc-maçonnerie des Bonaparte, Paris, Payot, 1982.
Collaveri (François), Napoléon empereur franc-maçon, Paris, Tallandier 1986.
Collectif, La Franc-maçonnerie sous l’Empire : Un âge d’or ? Paris, Dervy, 2007.
Mollier (Pierre) et Pinaud (Pierre-François), L’État-major maçonnique de Napoléon, dictionnaire biographique des dirigeants du Grand Orient de France sous le Premier Empire, Orléans, A l’Orient, 2009.

Article écrit par Pierre Mollier pour https://www.fm-mag.fr/

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