Poursuivons le survol des interférences entre franc-maçonnerie et compagnonnage, c’est-à-dire des nombreux emprunts compagnonniques au riche patrimoine de la franc-maçonnerie. Le cas que j’évoquerai aujourd’hui est celui d’une croyance que partagent encore une large majorité de compagnons et de francs-maçons : l’origine compagnonnique de la franc-maçonnerie.

Du côté maçonnique, cette idée procède de la confusion entre Maçonnerie opérative et compagnonnage, confusion dont on soulignera tout de suite qu’elle est franco-française et qu’elle n’existe pas du côté britannique puisque les loges opératives écossaises et anglaises n’ont pas de ressemblances directes avec nos compagnonnages, organisations d’ailleurs inconnues chez nos voisins, du moins sous la forme qui nous est familière en France. Cette confusion est au demeurant tardive et si, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, quelques Maçons entrevoient un rapport entre le Devoir des compagnons et leurs rituels (on le constate chez les Fendeurs) ou entre les compagnons tailleurs de pierre germaniques et l’origine de la franc-maçonnerie (c’est la thèse de l’abbé Grandidier de Strasbourg en 1782), cela reste marginal et c’est peu à peu, durant tout le XIXe siècle, que cette idée va gagner du terrain, avant de devenir plus ou moins un crédo durant le XXe siècle. Cela résulte principalement de deux ouvrages qui ont eu un profond retentissement dans les milieux compagnonniques et maçonniques : Joli Cœur de Pouyastruc, d’Albert Bernet, publié en 1926, et Les Constructeurs de cathédrales, de Frédéric Brunet, publié en 1928. Les deux posent comme évidente l’idée que les bâtisseurs de cathédrales sont des compagnons et que ceux-ci sont par conséquent les pères des francs-maçons.

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