À la croisée de deux mondes, l’Occident et l’Orient, Venise est renommée, presque trop avec ses 28 millions de touristes par an pour ses canaux, ses gondoles, la place Saint-Marc, le palais des Doges ou ses Biennales. Ces dernières permettent de pénétrer dans les palais de la Sérénissime ou de rêver devant les 180 000 clés rassemblées par la Japonaise Chiharu Shiota. Pourquoi ne pas y trouver celles qui ouvriront les portes derrière lesquelles se tapissent mystères et secrets, car « ce n’est qu’ici qu’arrivent certaines choses… », nous dit Corto Maltese, héros créé par Hugo Pratt, dans Fable de Venise. 

Tout a commencé au pied de la statue de Goldoni. Tous les guides vous y donnent rendez-vous. Peut-être parce que c’est le plus sûr moyen de ne pas se perdre, car les adresses sont très déroutantes à Venise : un nom, un chiffre. D’Est en Ouest, Venise est partagée en six quartiers dont chaque maison est numérotée, sans spécialement de continuité, de 1 à… 6828 ! pour le plus ancien quartier du Castello. Mais Carlo Osvaldo Goldoni (né en 1707 à Venise et mort en 1793 à Paris) nous interpelle également. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre dont Le donne curiose (Les Femmes curieuses), en 1753. Cette pièce relate les interrogations de femmes qui se demandent où vont leurs fiancés et maris le soir… sans elles ! Goldoni expliquera que « sous un titre bien caché, bien déguisé, [cette pièce] ne représentait qu’une loge de francs­maçons ». 

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