Beaucoup de surprises nous sont réservées dans les sept sections qui clarifient le parcours de la vie de cet écrivain d’exception qui n’aura écrit qu’un seul roman, Le Portrait de Dorian Gray. Les commissaires de l’exposition, Dominique Morel et Merlin Holland ainsi que le scénographe Philippe Pumain présentent plus de 200 documents exceptionnels comme ses manuscrits et correspondances, des effets personnels et des tableaux mais également des vidéos, des interviews… y mêlant subtilement l’intime à l’homme public.

Ainsi la première salle est-elle décorée d’un papier peint aux fleurs de lys, bleu et blanc, rappelant les porcelaines de Chine, ce qu’Oscar Wilde avait choisi pour son appartement loué à Londres en 1879. Pour rappeler que ce francophone et francophile a été d’abord critique d’art, des tableaux préraphaélites ont été choisis parmi ceux montrés à la Grosvenor Gallery de Londres en 1877 et 1879. De sa conquête de l’Amérique, en 1882, qui lui apportera la célébrité et la richesse, 13 tirages photographiques originaux de portraits réalisés par Napoleon Sarony immortalisent l’importance de « l’image » qu’Oscar Wilde veut donner de lui-même pour séduire.

De nombreux portraits comme celui peint par Harper Pennington, ou encore le tableau de Toulouse-Lautrec qui l’a représenté de dos sur le décor de la baraque de la Goulue. Portrait également  de Constance Lloyd qu’il épouse le 29 mai 1884, de cette union naîtront deux fils : Cyril en 1885 et Vyvyan en 1886. En 1895, rattrapé par les accusations d’homosexualité proférées par le père de son ami Alfred Douglas, il est condamné à la prison et à l’exil. De janvier à mars 1897, il écrit une longue lettre destinée à Alfred Douglas, qui sera publiée sous le titre De Profundis.

Oscar Wilde meurt à Paris, le 30 novembre 1900, des suites d’une méningite. Enterré au cimetière de Bagneux, son corps est transféré, en 1909, au Père-Lachaise. Jacob Epstein lui édifie un monument funéraire, Flying Demon Angel, souvent vandalisé et restauré à plusieurs reprises.

La vie maçonnique d’Oscar Wilde fut courte mais intense. Rappelons que son père, Sir William Robert Wills Wilde, est franc-maçon, il appartient à la Shakespeare Lodge n° 143 à Dublin. Initié en 1838, il est Compagnon puis Maître en 1839 et occupera les fonctions de vénérable en 1841. En 1871, le jeune Oscar Wilde est admis au Trinity College, à l’université de Dublin où il remporte une bourse qui le conduit de l’Irlande au Magdalen College, à Oxford, en octobre 1874. C’est là que le 16 février 1875, il est proposé à l’initiation par la Loge Apollo University n°357.

Il passera Compagnon le 24 avril et Maître le 25 mai de la même année. Pour tout savoir (ou presque) de ce bref passage chez les francs-maçons, on peut se référer à l’article en ligne (http/:www.freemasons-freemasonry.com/beresiner8.html), très documenté de Yasha Beresiner : « Oscar Wilde. A University Mason », dans Pietre-Stones. Review of Freemasonry (1996-2016). De ces quatre années de franc-maçonnerie, peu d’allusions dans son œuvre mais n’est-il pas dit : franc-maçon un jour, franc-maçon toujours ?

Article écrit par Dominique Morillon pour www.fm-mag.fr

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